LEVISKI Franck – Sans titre

Sa biographie

Franck LEVISKI

Né en 1969 à Périgueux (24).
Elève de J.G. CHEVALIER à l’Académie des Beaux Arts de Brive (19) puis à l’Ecole des Beaux Arts de Bordeaux (33).
Vit et travaille à Périgueux (24).

2008 2ème Biennale d’Art Contemporain de la ville de Nogent-sur- Marne (94). Exposition personnelle, Galerie Latelier, Montignac (24).

2007 Exposition collective, Galerie Araxess, Louvain-La-Neuve, Belgique. Exposition personnelle, Galerie l’Atelier, La Clayette (71) ; Art VO, Foire d’Art Actuel en Val d’Oise, Cergy Pontoise (95).

2006 Les Champs de la Diversité, Salon d’Automne de la Ville de Paris (75), Palais des Congrès de l’Est Parisien, Montreuil (93) ; Salon International d’Arts Plastiques de Perpignan (SIAPP), Perpignan (66). 2005 Exposition personnelle, Château d’Excideuil (24).

1999 Salon d’Octobre de la ville de Brive (19).

1994 Conseil Régional de la Gironde, Bordeaux (33).

 

Son univers

Formé à l’Académie des Beaux Arts de Brive puis à l’École des Beaux Arts de Bordeaux, Franck Leviski développe très tôt sa forme caractéristique de l’abstraction des champs de couleur, privilégiant des bandes verticales aux contours secs et réguliers. Mais il se trouve rapidement dans une impasse et cherche à se soustraire à une forme de romantisme qu’il considère comme une expression dépassée.

Influencé par l’expressionnisme, il fait le choix de fabriquer puis démonter physiquement ses oeuvres.

C’est alors la matière picturale même qui devient l’objet de l’expérience esthétique. Il superpose tout d’abord avec obstination des dizaines de couches de peinture, inlassablement répétées. Vient ensuite l’étape de la déconstruction. D’un geste sûr, il gratte, ponce, meule, arrache la matière, comme si le fond qui se trouvait caché devait réapparaître à la surface, non dans sa totalité mais par traces. La matière qui remonte ainsi acquiert une existence autonome. Les scarifications prennent vie. L’artiste crée au rythme de ses outils métalliques une texture vibrante, une sorte de peau délicate et insaisissable.

Cette « remontée du fond » bouleverse la lecture de l’oeuvre qui offre des impressions contradictoires et simultanées. Le faux monochrome, et l’énergie qui s’en dégage, trouble, intéresse et inquiète, transportant l’observateur bien au-delà de la vision équilibrée, toujours harmonieuse et parfois chatoyante du tableau. La mise à jour, suite au recouvrement systématique, rapproche le point de vue tout en installant une profondeur. Allié à une multiplication des lignes, ce procédé vise à déstabiliser, à donner le vertige.

Faisant dialoguer le lointain et le proche, cette sorte de perspective à rebours mobilise donc les deux orientations de la dynamique verticale du tableau. En ce sens, il ne s’agirait plus de creuser la matière mais, pour ainsi dire, de la faire avancer. L’oeuvre de Franck Léviski pourrait être une métaphore de la stratification de la mémoire. Pour autant, il ne faudrait pas trouver sa traduction dans un mouvement allant du « souvenir », conservé dans la matière, vers un “devenir possible”. « Bien au contraire, explique l’artiste, je suspends le temps, je casse une perspective de futur.

C’est un ouvrage sans fin, c’est un mécanisme de la confrontation de l’homme seul et de la disparition ». Parallèlement, l’artiste mène un travail de peinture sur papier, inspiré de l’écriture automatique. Sur une base calligraphiée, il tente de lier les contraires, l’organique et le géométrique, l’esprit et la matière. Une fois de plus, Franck Léviski sonde notre culture visuelle contemporaine, nos accoutumances esthétiques, nos soumissions aux effets et signes visuels de la société de consommation et de communication de masse. Il déconstruit au pinceau et au burin les images qui nous environnent, la forme transitoire se désagrège, les fulgurances se cristallisent. Tout comme notre temps.

A propos de l’oeuvre

Sans titre – 2008
techniques mixtes sur support bois, 122 x 200 cm

Franck Leviski associe des pâtes de sa composition avec des pigments, des laques, des résines appliquées en une multitude de couches superposées.

L’ancien atelier de ferronnerie dans lequel il s’est installé lui a inspiré ses « outils de destruction » qu’il fabrique en métal forgé ou à partir de silex. Entre faire et défaire, les peintures de Franck Léviski sont réalisées dans une continuité temporelle, en séquences plus qu’en séries. Pour cette oeuvre Sans titre, l’artiste a principalement travaillé sur la vibration et la séduction de la couleur au sein d’une composition abstraite.

Face à une attraction irrésistible, l’observateur est confronté à l’idée de grandeur infinie que la technique du all-over permet de prolonger au-delà des bords. Une trame grise lumineuse affleure la surface comme après une longue remontée depuis un fond obscur. En retrait, de fines lignes verticales roses et jaunes sont barrées de petites touches claires, le tout constituant un magma de matière sans couleur véritablement décidable.

Des nuances subtiles sont en train d’apparaître et la peinture, sans bouger de là, et dans son immobilité même, nous rejoint, nous devance, elle vient à nous.