WIERZBICKA Agata (Agata KAWA) – « Criocéphalère »

Sa biographie

Née à Paris en 1970
Beaux-Arts à Paris, préparation à l’Atelier de Sèvres, Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques, Ecole supérieure des Arts Décoratifs – Paris.
Artiste plasticienne & expositions à Paris (galeries & salons /Grand Palais/Quai Branly…).
Illustratrice (Édition/Haute couture), graphiste.

EXPOSITIONS
2016
Première grande expo solo rétrospective Humanimalité, portraits d’une double énigme, Pôle International de la Préhistoire (Les Eyzies-de-Tayac).

Son univers

Le tableau qui entre dans la collection du FDAC, issu d’une série débutée en 2013, préfigure un tournant dans la carrière de l’artiste et correspond à son arrivée en Périgord Noir. C’est le point de départ d’une philosophie de vie qui la place à l’unisson de la nature et des grottes ornées de la Vallée de l’Homme. Dans son enfance, elle partage son temps entre le midi de la France et le Maroc, et passe ses vacances dans la campagne polonaise, au contact des animaux. Ce triangle culturel l’a construite dans une richesse infinie d’influences. Elle poursuit ses études artistiques à Paris où elle expose. Sa curiosité nourrit un parcours bien rempli, qui prend le virage des images de synthèse et une carrière dans la conception de jeux vidéos, jusqu’au poste de directrice artistique. L’appel de l’art sera le plus fort : au bout de huit ans, en 2003, elle referme la porte comme elle l’avait poussée, du jour au lendemain, pour repartir à zéro.

La nature est la toile de fond des illustrations qu’elle réalise pour l’édition ou pour Chanel et d’autres grands noms qui se reconnaissent dans son univers. À la grotte des Combarelles, sa rencontre avec l’art pariétal lui fait éprouver un retour quasi originel, au moment où la page blanche l’appelle de nouveau. Ce qui la conduit à s’installer en Périgord. « Une partie de mon oeuvre se fait dans la marche, et mon atelier est un prolongement de la forêt .» Rêverie et contemplation sont inscrites dans son quotidien, comme une reconnexion, un remembrement. « Le travail pour la planète est d’abord un travail sur soi. »

Vivre et travailler en Périgord a tout changé : elle incarne ce qu’elle ressent et « fait sa part » au quotidien. La question de l’animal est un sujet qu’elle renvoie en miroir à notre propre animalité. Le respect du vivant, de tous les règnes, le monde appréhendé dans sa globalité et le fameux effet papillon l’interrogent au quotidien. Passionnée d’éthologie, de neurosciences, de philosophie et de politique, elle s’abreuve d’informations et croit à l’intelligence et à la réflexion collectives.

L’exposition Humanimalité reflète son engagement écologique, réunissant l’ensemble de son travail en faveur de la préservation de la nature dont nous sommes tous, à la fois partie intégrante et gardiens.

Cette approche complète une autre expérience, à une période où elle notait ses rêves, une démarche qui a finalement ouvert une porte sur ses oeuvres à venir : un chamanisme des temps modernes, la connaissance d’un autre réel. La connexion avec ses rêves est du même ordre que celle avec le vivant. Dans un cercle vertueux : ses rêves, nourris de tout ce qu’elle vit ici, l’inspirent. Sa prochaine série, plus animiste encore, prend forme à partir des Combarelles, où elle revient toujours et encore. Et ce sera un baptême du feu, puisqu’il s’agira d’oeuvres céramiques. « Je retourne d’où je viens, dans la joie de la vie. » Et l’art est son rituel pour prolonger le sacré de l’intime à l’universel. « Je sais que l’oeuvre est terminée quand elle est vivante. »

A propos de l’oeuvre

Criocéphalère – Aquarelle, broderie au fil de soie et perles de verre & techniques mixtes – 105 x 75 cm – 2014 Oeuvre acquise en 2018

« Il se joue dans ces portraits hybrides entre l’homme et la bête, un conflit interne entre conscience et animalité, mesure et monstruosité, et plus largement la part du rationnel et celle de l’inconscient. Ce sont en quelque sorte des portraits de curieux passeurs de rêve, sorte de “psychopompes des vivants”, qui nous livrent quelque chose de l’idée freudienne du lugubre, de L’inquiétante étrangeté (Das Unheimliche), où la part de sombre renvoie à un envers de notre propre décor. »

L’artiste pose un regard sur la dualité de notre condition humaine et interroge le monstre que chaque homme porte en soi dans un incessant combat. Il est facile de se laisser aller aux pulsions négatives, de peur, de rejet, de violence. Le reste demande un véritable travail.
« Pour mes “objets-âme”, broderies délicates au fil de soie et perles de verre, j’ai choisi en amont d’aller suivre un enseignement auprès d’un maître brodeur travaillant en haute couture. Pour être en mesure de pouvoir moi-même dérouler le fil, et d’exécuter ainsi mes partitions en toute liberté, avec la présence nécessaire à l’équilibre de l’instant.

Toujours sous la question universelle de l’altérité, au travers de l’assemblage (ou du réassemblage) de ces trois entités, je tire ma construction monstrueuse de notre ambivalent rapport au monde, et à notre propre identité. »
C’est la première fois qu’une oeuvre d’Agata Kawa entre dans une collection publique.


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