BOY Christian – « Mempo n° 64 »

Sa biographie

Né à Nantes en 1958
Depuis 2008 : Atelier personnel de sculpture.
Mai-Juillet 2008 : École Tané, école d’orfèvrerie, Ploërmel.
Formation aux techniques de mise en volume des métaux en feuille.
Février-avril 2008 : Atelier de haute orfèvrerie chez
Christofle. Initiation aux techniques de mise en volume des métaux en feuille.
2000 : Cours d’histoire à l’AFEDAP, école de bijouterie contemporaine, Paris.
1997 – 1999 : CFA de Saumur, CAP joaillier métaux précieux, sertisseur, bijoutier, mention gemmologie.
1996 – 1997 : École Régionale des Beaux-Arts de Nantes : cours de dessin, modelage, histoire de l’art.
Novembre 1990 : Formation sculpture et moulage avec Silverio Rivas (Vigo, Espagne).
1988 – 1992 : Sculpture avec Bernard Mazery, Nantes.

EXPOSITIONS
2018
Étincelles noires, Office de tourisme (Ribérac).
2017
Le retour, avec Bernard Mazery (Sarlat).
2016
50 % sur le rôti, anciennes boucheries Robin (Saint-Aulaye).
Avec Hélène Lazowinsky, Office de tourisme (Ribérac)

 

Son univers

Christian Boy déménage, après sept ans passés à Saint-Aulaye, et cela occasionne un arrêt sur images… Il a envie de vivre de nouveau en ville, dans un lieu qui pourrait, pourquoi pas, accueillir des expositions, mais il a besoin de recalculer la place prise par tout le matériel stocké dans son atelier. Notamment la panoplie d’outillage constituée suite à sa formation chez Christofle, en 2008, où il a appris les techniques d’orfèvrerie. Il maîtrise l’art du martelage sur de fines feuilles de cuivre ou de laiton. Une expérience parmi d’autres car après un apprentissage en mécanique auto, un accident de moto fait basculer sa vie. Il a 20 ans. Après six années difficiles passées à un poste de comptable dans une grande entreprise, il se lance dans la sculpture, qu’il pratique en parallèle, les doigts dans la terre. Il prend des cours d’histoire de l’art, apprend théorie et pratique. Il passe un mois à Vigo avec un sculpteur espagnol qui lui apprend le moulage en plâtre, à couler des mélanges de plomb et d’étain.

Jusqu’en 1996, il travaille ainsi à la cire perdue.
Il suit les cours du soir aux Beaux-Arts de Nantes en dessin et sculpture. Il apprend beaucoup mais ne se sent pas légitime. Il arrête tout pendant un an. En Angleterre, un ami lui fait connaître la bijouterie contemporaine : il a le coup de coeur pour ces sculptures miniatures dans de sublimes matériaux. Il se forme, à Saumur, aux côtés des apprentis de célèbres griffes et achève l’ensemble du cycle de joaillerie. Il se perfectionne, à Paris, dans le domaine très créatif du bijou contemporain et réalise ensuite une centaine de prototypes. Au lieu de créer son entreprise, comme il le prévoyait, il aménage un camping-car et prend la direction du Maroc. Il a envie de partir ensuite vers l’Asie. Mais il réalise que la vie de voyageur ne lui suffit pas. Et l’art dans tout ça ? Il lui manque une formation en haute orfèvrerie pour réorienter son activité de sculpture : les trois mois passés chez Christofle seront décisifs, avec « de magnifiques acquisitions, des techniques ancestrales ».

Christian Boy veut se recentrer sur son travail de création et revenir aux petits formats, à des oeuvres plus faciles à déplacer, pour exposer plus souvent. « J’ai maintenant constitué une collection, je commence à croire à ce que je fais. » Son travail est volontiers décalé, « le minimum pour un artiste », et expérimental car le plomb est peu employé dans le champ artistique. Il souhaiterait maintenant adapter au papier l’art qu’il applique au plomb, tout au moins de l’utiliser dans le même esprit. « Un docteur du XVIIIe a réalisé des anatomies en 3D avec du papier collé et durci, pour les écoles de médecine. C’est une technique de précision qui m’intéresse. »

Affilié à la Maison des Artistes depuis 2017, c’est la première fois qu’une de ses oeuvres entre dans une collection publique — « la plus belle ligne de mon CV », précise-t-il —, ce qui le liera pour toujours à la Dordogne, où il est arrivé par hasard et en repart presque malgré lui. Trop vite.

A propos de l’oeuvre

Mempo n° 64 – Plombs de carabine soudés/feuilles de plomb – L25 x H30 x P10 cm – 2016 Oeuvre acquise en 2018

Mempo n°64. Le nom est inspiré du masque de samouraï. C’est la dernière d’une série d’objets en plomb, matériau capable d’isoler des radiations mais qui peut aussi être nocif pour l’organisme, à la fois le pire et le meilleur.

Après la catastrophe de Fukushima, lui-même demeurant en Ribéracois, sous les vents de la centrale nucléaire de Blaye, l’artiste s’est emparé du sujet du déni et le poursuit depuis 2011 : les radiations sont invisibles, le danger impalpable et on se cache aussi cette crainte. « Le déni peut s’appliquer à beaucoup d’autres choses, il peut aussi être positif », confie-t-il au regard de sa propre expérience.

Avec cette oeuvre, il se positionne sur la question du nucléaire mais pas seulement, c’est un humour à double détente… La plasticité du plomb, découverte alors qu’il modelait une feuille pour protéger sa thyroïde, a permis à l’artiste de recouvrir un crâne d’étude médicale, comme une seconde peau, une dernière protection de survie. Il a fixé dessus des plombs de carabine à air comprimé, à la manière des diabolos de centrales atomiques. 6000 pièces sont ainsi soudées, brillant comme le crâne signé par Damien Hirst. Un artiste détestable, selon Christian Boy. Il a donc soustitré son oeuvre 6000 balles pour 1 Damien Hirst… voilà pour sa fameuse vanité !


www.christianboy.fr