LANG Dominique – Sans titre

Sa biographie

Née à Strasbourg en 1966
Vit et travaille à Prats-du-Périgord

1990
Diplôme de l’École des Beaux-Arts de Mulhouse, section Structures et objets : spécialité scénographie.
Licence d’études théâtrales à l’université de Strasbourg.
Peintre décoratrice, costumière et maquettiste pour différents spectacles (TNS, Opéra du Rhin – Strasbourg, L’Athénée – Paris, Capitole –Toulouse, Lyon…).
Depuis 1995
Intervenante en Arts Plastiques dans différentes structures.

EXPOSITIONS
2017
Galerie Egrégore, Marmande (47).
2011
Atelier des Bastides (Monpazier).
Maison du Festival de Bonaguil,
Fumel (47). Médiathèque (Prigonrieux).
2008
Galerie d’exposition de l’ESC (Toulouse).
2002
Galerie d’art Espace Saint-Aubin (Toulouse).

Son univers

Dominique Lang a quitté Toulouse en 2010, avec son mari Farouk Ratib, également artiste, pour s’installer dans une vieille ferme du Périgord noir, où ils ont aménagé chacun leur atelier. Leurs projets artistiques sont des projets de vie, de couple.
« C’est une chance de pouvoir échanger ainsi. »

Dominique a été scénographe et maîtrise les techniques répandues dans le monde du théâtre, pour tromper les distances notamment.
Elle est entrée aux Beaux-Arts de Mulhouse puis aux Arts Déco de Strasbourg, option décoration intérieure et environnement, dans la perspective de réaliser ce dont elle rêvait depuis sa jeunesse : des décors de théâtre. L’ouverture d’une section destinée aux élèves qui « n’entrent pas dans les cases » la ramène à Mulhouse pour trois ans « sur mesure » avec de futurs créateurs de monuments funéraires, des sculpteurs de béton ou des mosaïstes qui partagent des secrets de fabrication. Elle présente son diplôme avec masque et costume, dans le hall des Beaux-Arts investi par sa scénographie, extrapolation d’un décor de ballet à partir de maquettes sur les Quatre Saisons de Vivaldi.
« J’avais coulé une tonne de plâtre pour fabriquer un immense cadre, porte d’entrée dans mon univers. » Elle a carte blanche : pourquoi ne pas en profiter ? Elle reçoit son diplôme avec mention.
C’est lors d’un stage à l’opéra, en 1986, qu’elle rencontre Farouk : ils ne se quitteront plus. Elle se perfectionne dans des ateliers scénographiques où les femmes ne sont pas toujours les bienvenues. Arrivant à Lyon, elle sort du milieu théâtral et lance une activité d’arts plastiques avec l’Éducation nationale et en MJC, expérience poursuivie à Toulouse.
Dominique Lang aime se fixer des défis expérimentaux, parfois avec des éléments très simples. Ses dessins, tout en finesse et précision, sont réalisés sur des papiers très fins, à la limite de la rupture, ou plus épais, cartonnés. « J’aime utiliser différentes textures pour voir comment le crayon réagit. » Elle retient le geste ou au contraire grave une oeuvre visible des deux côtés. Pouvoir regarder ainsi une surface plane est déjà un fabuleux parcours, qui pourrait la conduire vers le volume ou la sculpture sur bois, qu’elle a déjà pratiqués.

Cette contemplative s’inspire des formes végétales de son environnement.
Ses promenades dans les bois lui permettent de mémoriser des motifs. Après avoir vécu en milieu urbain, elle est curieuse des métamorphoses de la nature : les souches, les troncs, les crevasses, l’érosion, l’usure, tout change selon les heures de la journée… Elle y voit des personnages qu’elle transpose dans ses dessins. Elle a momentanément arrêté ses peintures colorées car « ce ne sont pas les idées qui manquent, mais le temps », sourit celle qui apprécie aussi de longues heures de lecture.

Le couple, grand admirateur de Paul Rebeyrolle, nourrit une insatiable curiosité artistique et avale les kilomètres pour des visites. Tous deux aimeraient maintenant que le dialogue de leurs deux univers, en grand format, se poursuive lors d’expositions communes.

A propos de l’oeuvre

Sans titre – Dessin stylo bille Bic bleu sur papier – 50 x 65 cm – 2017 Oeuvre acquise en 2018

Pas de titre, « pour ne pas influencer la personne qui regarde ; dès lors qu’on montre une oeuvre, elle ne nous appartient plus. »
Ce travail graphique sur papier a été réalisé au stylo bille bleu sur un papier 240 gr. avec un grain marqué. On est happé dans un paysage où une forme humaine se détache. Les ombres et lumières proviennent uniquement d’un jeu de papier et du travail graphique de hachures. « Au crayon, je sais que je peux gommer, même si je ne le fais pas. Au stylo, la réflexion est tout autre, je m’arrête souvent, je regarde, je reste vigilante. Je force ma nature car j’aime travailler vite. »

Sa curiosité de l’infiniment petit rejoint le monde du théâtre, avec la volonté de changer d’échelle. Jusqu’ici, cet intérêt se traduisait dans de petits formats. Elle a remarqué que les gens se regroupent autour et se parlent : une approche intéressante de l’espace. Elle fait actuellement un bond des 10 X 15 cm vers le mètre et plus encore, revenant aux espaces auxquels son oeil professionnel est éduqué. Elle laisse libre cours aux mêmes jeux d’échelle en grands formats, un travail de focale permettant à un minuscule univers de prendre toute la place, et elle imagine même arriver à la 3D.