JAFFRAIN Évelyne – « Messages perdus »

Sa biographie

GAUTRON Evelyne dite JAFFRAIN

Née en 1956 à Périgueux (24)
Etudes d’Arts plastiques, Universités Bordeaux III et Paris I
Vit et travaille à Trélissac (24)

Expose depuis 1985 en Dordogne dont à la Galerie Marie Mocquet à Périgueux en 2000
2001 : Salon Week-end d’Art contemporain – Gometz le Chatel (92)

 

 

 

Expositions personnelles :
– 2006 : Centre culturel de la Visitation – Périgueux.

Expositions collectives :
– 2006: Ancienne Justice de Paix St Cyprien (Dordogne)
-2006: Eglise de Sourzac (Dordogne)
-2005: Biennale d’Allauch (Bouches du Rhônes)

Son univers

D’abord Tàpies, mais aussi Delacroix. Dans le parcours artistique d’Evelyne Jaffrain, deux figures, deux créateurs exceptionnels. L’un, Delacroix, le peintre romantique à l’imagination sensuelle et violente, qui rapporte de ses nombreux voyages notes, croquis et aquarelles ; l’autre, Tàpies, peintre abstrait qui ne cesse d’interroger la matière, y intégrant, comme sur des murs, des parois (ce que signifie Tàpies en catalan…) taches, graffiti, calligraphies. Ces deux pôles, ces deux forces vives dont Evelyne Jaffrain nous parle, semblent au cœur de sa démarche, la passion intérieure se confrontant à la technique abstraite pour créer ces «débords» où se combinent «l’abordé et le débordé, le spontané et le contrôlé, l’indéterminé et le déterminé». Ses sources d’inspiration sont ses propres émotions, glanées au fil de ses voyages ce qu’elle nomme «des impacts visuels», visions fugitives d’une lueur sur une fenêtre, éclats solaires sur un mur en ruine, paysages transfigurés. Impressions impressionnées souvent sur une pellicule, figées sur des photos qui seront ensuite intériorisées et réinterprétées sur la toile. Et le travail rend compte de cette tension entre la force du ressenti et celle de la matière : poudre de marbre, sable, collages sont autant de «mediums» qui témoignent d’une violence contenue, l’espace de la toile jouant sur les oppositions, accentuant les dualités : le tactile et le visuel, le figé et le fugitif, le lisse et le rugueux, le mat et le brillant, oppositions plastiques ponctuées de traces, de signes, comme autant de réminiscences, de langages à peine ébauchés. Sauf quand elle utilise des peintures liquides, aux couleurs vives – une autre partie de sa production qui privilégie le geste mais dont elle parle peu – Evelyne Jaffrain ne se sert que de très peu de couleurs – trois, quatre maximum.

Dans son travail actuel, Evelyne Jaffrain semble d’ailleurs réduire encore les matériaux à sa disposition : poudre de marbre et sable, dans une seule palette de couleurs en dégradé. Comme pour repousser encore les limites de la matière, en extraire toutes les ressources et, dans l’abstraction même, exprimer le force des émotions. Antoni Tàpies, «le maître à penser et à peindre» d’Evelyne Jaffrain, selon ses propres termes, ne dit pas autre chose quand il déclare : «Je ne crois pas avoir jamais été un peintre abstrait, bien que j’utilise des éléments abstraits : dans tous mes tableaux il y a toujours quelque chose de très concret. Je ne peux pas former une image sans qu’elle contienne une idée, une suggestion qui vienne de la vie et qui puisse nous aider à reconnaître et à exprimer la vérité.»

A propos de l’oeuvre

Messages perdus – 2002 – Acrylique, sable et poudre de marbre sur toile
100 x 100 cm

Pour cette œuvre, Evelyne Jaffrain a pris le parti de travailler dans un dégradé de gris. Le thème du tableau, en lien direct avec le monde d’aujourd’hui, illustre particulièrement bien la dualité évoquée par l’artiste entre le figé et l’éphémère : ces «Messages perdus» sont en effet les informations qui circulent sur Internet qui passent, se jettent, pénètrent pour un instant dans notre univers puis disparaissent et cessent d’exister. Au caractère furtif de ces messages, Evelyne Jaffrain oppose sa technique et le choix d’un travail de matière très épais pour tenter de les figer sur l’espace de la toile, d’en garder une trace et d’en matérialiser la brève existence.