DEMEILLIER Philippe – « Tout est trou »

Sa biographie

Philippe DEMEILLIER

Né en 1952 à Chaville (92)
Technicien Arts Appliqués, Céramique, Sèvres
Ecole Nationale des Beaux-Arts, Paris
Vit et travaille à Saint-Front-la-Rivière (24)

Principales expositions personnelles :
Domaine de Montagenet, Galerie Varga-Darlet, Bordeaux, Alliance Française, Cali Colombie, « Bleu Outremer », Tahiti, Paris, Galerie Cathart, Paris, Galerie Colette Dubois, Paris.

Principales expositions collectives :
30th Fukvoka Art Competition, Japon, Décors opéra « Le Petit Ramoneur », Dordogne, Décors pièce « Bleu Mecano », Festival d’Avignon, Art Jonction, Nice, « Histoire d’une tapisserie », Archives Départementales, Périgueux.

Son univers

Avant même de commencer les Beaux-Arts pour s’initier à la gravure, Philippe Demeillier avait déjà acquis de très nombreuses techniques – tapisserie, sérigraphie, modelage, céramique, sculpture, photographie – et peignait déjà souvent sur de simples planches de bois avec des peintures de récupération.

Dans sa manière de faire vivre la matière et la couleur, il utilise, au gré de l’évolution de ses créations, tous ces savoirs disponibles, passant naturellement d’une technique à l’autre, sans autre mot d’ordre que de ne pas en avoir. Cette maîtrise, qui pourrait l’enfermer dans un style et une démarche déterminés, est au contraire mise au service d’une disponibilité totale face aux opportunités de création que lui fournissent les supports, les matériaux dont il dispose.
Et comme pour être certain de ne jamais se répéter ou de devenir systématique, l’artiste aime se confronter aux contraintes : contraintes extérieures lorsqu’il travaille sur une commande, sur des thèmes imposés par l’exposition future ou par le lieu, contraintes qu’il se donne à lui-même quand il ne s’autorise que quelques objets pour en créer un autre.

C’est sans doute pour cette raison que beaucoup d’œuvres de Philippe Demeillier procèdent du détournement et naissent du plaisir, du défi de chercher puis de trouver de multiples réponses artistiques à une réalité préétablie, un sujet prédéterminé, une pénurie de matériaux : ainsi, cette chaise-ventilateur créée uniquement avec des objets imposés (trois paires de ski, des roulettes et un radiateur d’estafette).

Philippe Demeillier travaille en général sur plusieurs projets en même temps et ses créations restent toujours « ouvertes », puisqu’il n’est pas rare qu’il les réutilise pour créer une œuvre à nouveau inédite, telle Ecce Bos , sculpture composite acquise par le Fonds Départemental d’Art Contemporain de la Dordogne en 2002. Beaucoup de matériaux, de supports, d’installations imaginées lors de commandes publiques ou à l’occasion d’un travail avec des enfants dans le cadre scolaire sont ainsi recyclés : l’ogre, créé à l’occasion d’une intervention dans une école sur le thème du Petit Poucet , a été revisité par l’artiste pour devenir la figure inquiétante d’un homme politique, les bâches, dont il s’était servi pour le décor d’un grand entrepôt, ont été réutilisées à des fins picturales. Car Philippe Demeillier n’a jamais cessé d’être peintre. Mais dans cette discipline, comme dans toutes les autres, l’artiste reste dans la créativité avec l’envie de s’amuser.
Il aime d’ailleurs à dire qu’il y met la même spontanéité qu’un enfant, à cela près que sa parfaite connaissance de l’histoire de l’art lui permet de jouer avec les codes, les figures imposées. Son intérêt pour le portrait – il vient récemment d’en achever une série – en est un parfait exemple. Partant d’un dessin classique, l’artiste s’amuse à le déformer, par détournements successifs et, dans le cas du portrait si présent dans toute l’histoire de l’art, les variations, les déclinaisons sont infinies.

Les portraits de l’artiste représentent souvent des visages féminins, tous très différents, tantôt classiques ou presque abstraits, quelquefois tendres, quelquefois terrifiants. Mais ces portraits ne reflètent en rien un état intérieur et ne contiennent aucune signification particulière. Ils sont autant de propositions artistiques que chacun d’entre nous peut interpréter à sa guise.

A propos de l’oeuvre

Tout est trou
1991 – Peinture sur capot de voiture 203
132 X 107 cm
Oeuvre acquise par le Conseil départemental de la Dordogne en 2007

Les capots de voiture peints font partie de la vaste production de Philippe Demeillier depuis de nombreuses années. Comme c’est souvent le cas, l’artiste est parti d’une thématique imposée, celle de devoir créer une œuvre sur le thème de la voiture.

Détournant la contrainte de départ, Philippe Demeillier a choisi un capot et travaillé ce support qui lui a permis, comme il le dit lui-même, de « penser le métal, de le limer, de le souder, de le chauffer ». Ce capot, intitulé avec humour Tout est trou (traduction par assonance de It’s all true , titre d’un documentaire consacré au tournage d’un film inachevé d’Orson Welles), a d’abord été poncé et recouvert d’une couche de peinture turquoise la plus homogène possible. Quand la peinture a commencé à être collante, l’artiste a saupoudré l’ensemble avec du pigment ocre-rouge et a saturé à la main jusqu’à obtenir une surface très lisse.
La base a été très travaillée dans le but de réaliser un minimum d’apports graphiques. Pour ce faire, l’artiste a utilisé une peinture Néoprène très épaisse, un outremer très clair, très fluo et a installé une écriture personnelle où apparaissent certains détails de tableaux, des bribes de langage des signes du Moyen Age, un petit chevalier et beaucoup de ronds.

DEMEILLIER Philippe
Bélèterie
24300 Saint Front La Rivière
Tél. 05.53.56.78.04
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