CASSAGNE Chloé – « Série Animal »

La biographie de l’artiste

Chloé CASSAGNE

Née en 1984 à Cahors (46).

2007 Maîtrise d’arts plastiques Université de Toulouse le Mirail (31). Vit et travaille à La-Chapelle-Péchaud (24).

Expositions et résidences : 2009 Stretched out on a ugly dog, résidence à l’atelier No Country, Liège (Belgique) ; Simple futur – futur simple (Exposition collective), galerie Exprmntl, Toulouse (31).

2008 Volatiles (Exposition collective), Espace Croix Baragnon, Toulouse (31). 2007 A saucerful of secret (Exposition collective), galerie Exprmntl, Toulouse (31). 2006 Participation à l’open bar – vidéo, Espace III Espace Croix-Baragnon, Toulouse (31). Représentée par la galerie Exprmntl, Toulouse (31).

L’univers de l’artiste

Jeune artiste diplômée du département Arts plastiques de l’Université de Toulouse, Chloé Cassagne crée sur toutes sortes de supports depuis son enfance. Entre nostalgie et soif d’innovation, elle développe un travail de réminiscence et de réactualisation des souvenirs, utilisant conjointement la peinture, la photographie, la vidéo et l’installation. Sa démarche réside dans l’ambiguïté du passage à l’âge adulte. Ses dessins, qu’elle appelle ses « sottises », sont le point de départ de toute réalisation. Un trait fragile, parfois enivré, voire hystérique, trace les contours d’un univers onirique où chaque élément semble esseulé, comme dans l’attente d’un souffle, d’une aspiration. Puisant dans la mémoire individuelle et collective, l’artiste assemble des images comme une mosaïque, les détourne, non sans rappeler les dessins de Jean-Michel Alberola mélangeant pêle-mêle l’histoire de la peinture et de la pensée occidentale, des figures emblématiques et populaires, des sentences et des aphorismes récurrents.

Depuis 2008, elle réalise une série de « dessins cousus ». Elle aime travailler la feuille de papier immaculée,à la fois meurtrie et sublimée par une ligne de fil noir. Ce qui l’intéresse dans la couture, ce sont « ses sentiments paradoxaux : la douceur, la féminité, le calme de l’ouvrage, l’élégance contre la violence de la piqûre, le déchirement, le tumulte de la machine à coudre. » Au delà de la technique, il y a l’histoire sous-jacente des femmes et d’une filiation qui palpite : sa mère et sa grand-mère sont couturières.

Elle choisit de transposer du tissu au papier les gestes qu’elles lui ont transmis, ce savoir-faire est ainsi mis en valeur par l’originalité et la fragilité du support. Ces travaux d’aiguilles nous font penser aux pièces d’Annette Messager qui revisite l’imaginaire féminin au travers d’ouvrages dits « de dame », broderie, tricot, couture, cuisine…

Dans l’oeuvre de Chloé Cassagne, il est aussi question de flux qui relient les dessins aux objets, par de fines gouttelettes, sorte de pluie ou de neige fondue tracée à même le mur. Ses installations prennent alors la forme d’un abri de fortune, d’une « cabane d’onduline » (Cuisine, 2008) ou d’une « robe-tente» (La gestation du chien fou, 2006). La maison à pièce unique symbolise ici le foyer accueillant mais aussi l’ultime protection qu’offre la mémoire. Ces monuments fragiles et précaires semblent appeler au recueillement et à la contemplation. « Dans l’incertitude du délabrement – cette petite mort du souvenir –, mes abris d’une inquiétante tranquillité dessinent des refuges à la fois spirituels, charnels et passés ».

Protégée de toute intrusion, la cabane accueille des vidéos réalisées à partir de films de famille, refilmés au ralenti et remontés pour réactiver des souvenirs universels. Entre mythologie personnelle et autofiction, Chloé Cassagne traite le thème de l’identité et de la mémoire comme un puzzle éclaté dont elle ne cherche pas forcément à rassembler les morceaux.

A propos de l’oeuvre

Série Animal – 2008
30 x 40 cm – 21 x 29,7 cm
Oeuvre acquise par le Conseil départemental de la Dordogne en 2009

Avec patience et détermination, Chloé Cassagne réalise un travail minutieux. Une piqûre, puis une autre côte à côte, forment le fil poétique d’une histoire. Des lignes naïves, spontanées, épurées, qui peuventêtre apparentées à un univers de dessins animés aux inspirations japonisantes. Le papier fragilisé par ces multiples attaques peut céder à tout moment.

L’artiste considère son travail comme un acte mimétique de la pensée, fragmentée, fragile. Elle réutilise des diapositives de famille dans une volonté de réédition de l’acte photographique et de sa conservation sur un autre support. Les souvenirs remontentà la surface, transformés, à l’image de la tête de hyène dont elle pare sa petite soeur (Stay cool).

Le sens s’adosse au trait qui avance entre liberté et attachement, tel le fil à la patte de ce gracieux volatile dans Fly away. Chloé Cassagne construit son identité de femme et d’artiste en procédant à une addition d’indices intimes qu’il lui faut faire et défaire, point après point.