SELLEM Thierry – « Sanijura » & « Banlieue de Dunkerque »

Sa biographie

Thierry SELLEM

Né en 1964 à Paris.

École de mode au LEP Strasbourg de Toulon et École des Beaux- Arts de Toulon (83).

Vit et travaille à Boulazac (24).

Principales expositions personnelles de 2007 à 2011 : Galerie le 5, Ribérac (24). Galerie Roger Betty, Toulouse (31). Galerie La Passerelle des arts, Bordeaux (33). Galerie Boesner, Bordeaux. Château des Izards, Coulounieix-Chamiers (24). Salon de la SATA, Bordeaux. Château de Teinteillac (24). Galerie de Carmensac, Meyrals (24). Galerie Anton Giddings, Saint-Cyprien (24). Galerie Arstyl, Le Beausset (83).

 

Son univers

Portraits, scènes de rue, paysages urbains, tels sont les thèmes de prédilection de Thierry Sellem. Les toiles, en noir et blanc, s’imposent par des cadrages décalés, des angles de vue souvent insolites, des gros plans ou même des zooms, à la façon de prises de vue faites à la hâte, pour capter un instant, une ambiance.

D’autres oeuvres, au contraire, apparaissent comme plus travaillées et « mises en scène », pour focaliser l’attention sur une réalité souvent reléguée au second plan de nos préoccupations. Les personnages qui habitent les toiles de Thierry Sellem peuvent être de simples passants, vaquant à leurs occupations, indifférents aussi bien aux autres qu’à celui qui les prend ainsi sur le vif ; d’autres, en revanche, posent, peut-être pour la première fois, car leurs visages profondément marqués, leurs vêtements, leur attitude même, laissent penser qu’ils sont des représentants de cette partie de l’humanité qui hantent les grandes villes dans la misère et dans la marginalité, sans jamais être regardés.

Ici, le peintre revendique comme il le dit « une démarche humaniste » et affirme son engagement. « Regarde ce que je te dis ! », tel est son credo.
D’autres toiles nous font pénétrer dans des intérieurs tout aussi sombres que les rues et les paysages alentour, et montrent des hommes et des femmes dans leurs occupations quotidiennes. Thierry Sellem crée des passerelles avec la photo, la bande dessinée, réutilise certaines de leurs techniques, mais il demeure un peintre qui refuse de tomber dans l’anecdotique, l’éphémère et le factuel pour tenter d’atteindre une réalité plus universelle.

En dehors de toute indication de lieu et de temps, il témoigne ainsi, à travers sa démarche, de son engagement d’artiste dans une société dont il ne veut pas s’exclure, mais au contraire dont il veut témoigner. Depuis qu’il réside en Dordogne, Thierry Sellem n’a cessé de peindre (son atelier abrite plusieurs centaines de toiles). Afin de pouvoir créer en permanence, il travaille simultanément sur une quarantaine de tableaux pour ménager le temps de séchage nécessaire à la peinture à l’huile.
Il réalise aussi sur papier dessins, sanguines, pastels, gouaches, aquarelles. Variant les formats, Thierry Sellem privilégie les grandes toiles pour les scènes plus fouillées, avec beaucoup de détails, de grandes vues, des perspectives complexes.

Une partie de sa production, plus ancienne, fait la part belle à la couleur, aux paysages impressionnistes, au figuratif mais aussi à l’abstraction, au cubisme.
Revenant par la suite vers l’expressionnisme, Thierry Sellem s’est dirigé vers des travaux privilégiant des vues urbaines. Sa palette de couleurs s’est alors simplifiée, passant du monochrome au noir et blanc, deux valeurs qu’il travaille le plus intensément possible.

Ce long parcours, nécessaire, a ramené Thierry Sellem vers le dessin et le graphisme ; en retrouvant cette authenticité première, il a pu créer un univers pictural inspiré de son enfance passée en banlieue, au coeur de paysages urbains qu’il peint aujourd’hui. Pour ses séries, il se constitue une documentation préparatoire, photos glanées, croquis et dessins engrangés au gré de ses voyages.

Des séries de portraits (sur les roms, les supporters de football, les adolescents rebelles) alternent avec des séries urbaines. Après Dunkerque, Budapest, Paris, New-York, les pays de l’Est, Thierry Sellem travaille actuellement sur le métro parisien.

 

A propos de l’oeuvre

Sanijura, huile sur toile, 160 x 120 cm
2011

 

Banlieue de Dunkerque, huile sur toile, 120 x 120 cm
2011

 

Ces deux toiles sont issues d’une série sur les usines et les paysages urbains. Thierry Sellem a choisi de revisiter cette réalité quotidienne, perçue le plus souvent de façon négative, à travers le filtre de sa peinture.

Particulièrement inspiré par le potentiel graphique des rues, des matériaux, des bâtiments il les sublime et les magnifie par différentes techniques : choix des cadrages et des angles de vue, contraste entre les lignes architecturales qui structurent le tableau et l’épaisseur mobile d’un ciel chargé.

Thierry Sellem travaille sur un fond beige, qui permet de faire vibrer les différentes tonalités de noir qui peuvent aller jusqu’au sépia.
Plusieurs couches sont appliquées, du plus clair au plus foncé. Le travail ultime se fait au couteau, avec du blanc de titane, pour revenir sur les blancs, les intensifier, leur donner une épaisseur et une présence qui tend vers l’expressionnisme ; le tableau doit être démonstratif, se voir de très loin, mais il doit garder sa dimension poétique et sa subtilité.
La signature de l’artiste est aussi dans les lignes verticales, faites de coulures, d’éclaboussures, qui contribuent à « flouter » la toile, à modifier le regard porté sur elle et sur tous les éléments qui la composent, au-delà d’une simple représentation de la réalité.